Nouvelles tensions sur le marché pétrolier

Published On mars 1, 2019 | By Samanta Bellange | Uncategorized

 

Lettre morte est restée l’annonce de l’État, en janvier dernier, de payer progressivement sa dette aux compagnies pétrolières. Elle est aujourd’hui supérieure à 5 milliards de gourdes et fait craindre aux compagnies pétrolières, dans un avenir proche, de ne pas pouvoir importer de carburant, a appris le journal. Entre-temps, sur le marché pétrolier, il y a de la nervosité. Une cargaison de gazoline, à quai, n’est pas encore payée et l’indisponibilité de diesel, en rupture de stock pour certaines compagnies, impacte la production d’électricité dans le pays.

 

Les compagnies pétrolières, confrontées à un sérieux  problème de trésorerie, craignent, si l’État n’éponge pas sa dette de plus de 5 milliards de gourdes, de ne pas pouvoir importer de carburant dans un avenir proche, a appris le journal, le jeudi 28 février 2019. « Il y a un problème très sérieux au niveau du ministère de l’Économie et des Finances et des compagnies pétrolières. Les douanes doivent plus de 5 milliards de gourdes aux compagnies pétrolières. Si rien n’est fait, les compagnies pétrolières ne vont plus avoir d’argent pour importer le carburant. Et pour l’instant rien n’est fait. C’est un problème qui dure depuis longtemps », a confié une source proche d’une compagnie pétrolière, soulignant, qu’à côté du problème d’accès à temps au dollar se pose désormais le problème de disponibilité de cash flow, de gourdes pour acheter des dollars.

Pour le moment, l’annonce faite en début d’année par le ministre de l’Économie et des Finances, Ronald Décembre, de paiement progressif de la dette envers les compagnies pétrolières, 4 milliards de gourdes à ce moment-là, est restée lettre morte, a indiqué cette source. Il y a eu une « rencontre, des échanges de correspondances mais pas beaucoup de réactions », a insisté cette source, inquiète des difficultés de l’État haïtien à honorer cet engagement. « Quand on voit qu’ils vont subventionner le riz, ce sont des recettes de douane qui vont manquer. Le gouvernement n’a pas d’argent et il va creuser le déficit budgétaire », se désole cette source. Le journal a appris aussi que des compagnies pétrolières n’ont plus de diesel. Si le diesel doit arriver autour du 3 mars, rien n’indique que l’argent pour payer la cargaison sera disponible à temps pour éviter la rupture, ont expliqué d’autres sources. Actuellement, il n’y a pas de problème pour la gazoline, ont-elles indiqué.

Cependant, jeudi, le navire de Novum transportant ce produit n’avait pas encore reçu le virement afin de commencer la livraison, a appris le journal. La non-disponibilité du diesel a des effets sur la production du courant électrique. L’un des responsables de Sogener, Dimitri Vorbe, sur son compte Twitter, le jeudi 28 février, a indiqué que la production totale de cette centrale électrique est nulle. Cela, a-t-il tweeté, à cause de l’instabilité du réseau et de la pénurie de diesel. Contacté en fin de soirée par le journal, Dimitri Vorbe a indiqué que la situation n’a pas évolué. L’arrêt de cette centrale, la baisse du niveau de l’eau à la centrale de Péligre sont les causes du rationnement sévère du courant électrique, a averti l’ED’H. Sur le réseau, entre-temps, Carl Auguste Boisson, directeur général de E-Power, dans une lettre à l’ED’H le 28 février, s’est inquiété des conséquences de 14 déclenchements, dont 9 mercredi sur le réseau. « Cette situation qui met à risque  les moteurs de l’usine Michel Arthur Volel nous préoccupe au plus haut point », a écrit Carl Auguste Boisson, qui a sollicité une « assistance urgente » pour arriver à stabiliser le réseau électrique de Port-au-Prince » afin de permettre à la centrale de continuer à l’alimenter de manière fiable et continue. Joint par le journal, Carl Auguste Boisson a indiqué que ce jeudi 4 à 5 déclenchements ont été enregistrés. Il a exprimé, en interview avec le journal, les mêmes préoccupations face au risque de dommage sur la centrale si le problème n’est pas résolu.

En fin de soirée, le journal, en dépit de multiples appels, n’est pas parvenu à joindre le ministre de l’Économie et des Finances afin de recueillir ses commentaires sur la dette de 5 milliards de gourdes aux compagnies pétrolières et sur le paiement de la gazoline à Novum et sur le diesel. Le 11 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances, Ronald Décembre, a confié que l’État, sur l’année, fera « la restitution au fur et à mesure » de dettes ayant atteint aujourd’hui près de 4 milliards de gourdes aux compagnies pétrolières. « Quand le carburant est vendu, cela génère des dettes que l’État doit honorer… Nous paierons les compagnies pétrolières parce que le carburant est vendu à un prix qui grève les marges de celles-ci », avait indiqué le grand argentier de la République, qui dit chercher une formule pour sortir de cette situation qui asphyxie le Trésor public. L’indisponibilité à temps et en quantité suffisante de dollars pour payer les produits pétroliers génère des frais portuaires et des frais de « demurrage » qui sont à la charge de l’État. Cela rend plus cher le prix du produit, a expliqué Ronald G. Décembre.

Le journal a appris que l’État est dans la dèche. La situation politique, les deux semaines d’arrêt des activités a impacté l’entrée des recettes. L’État a eu du retard à payer certains de ses employés, a aussi appris le journal.

 

 

 

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