L’ADIH plaide pour le renouvellement du CBTPA à Washington…

Published On mars 22, 2019 | By Samanta Bellange | Uncategorized

Le renouvellement du « Caribbean Basin Trade Partnership Act (CBTPA) » en 2019 est déterminant pour accroitre les emplois dans le secteur textile, préserver plusieurs centaines de millions de dollars d’exportation hors taxes vers les États-Unis. Cette loi, un atout pour le secteur textile, accorde aussi les mêmes exonérations à une kyrielle de produits, de filières, dont l’artisanat, des produits agricoles comme la mangue, le café…

Il pleut des cordes sur Washington, jeudi 21 mars 2019. Le président de l’Association des industries d’Haïti, Georges Sassine, 69 ans, s’arme d’un parapluie, « de sa foi dans l’avenir à rendre meilleur », d’un porte- documents et d’un cigare gardé au chaud dans son manteau au moment d’entamer le ballet d’une série de rendez-vous. Entre le Sénat et le Congrès américain, Georges Sassine a une mission : informer, briefer des assistants de parlementaires républicains et démocrates sur l’importance du renouvellement du « Caribbean Basin Trade Partnership Act (CBTPA) qui arrive à expiration le 30 septembre 2020.

« Si le CBTPA n’est pas renouvelé, cela aura un impact négatif sur la création d’emplois dans le secteur textile. On ne pourra pas inciter une quantité importante de nouvelles compagnies qui quittent la Chine à cause de l’augmentation de tarifs douaniers des États-Unis à venir s’installer en Haïti », a cadré Georges Sassine, en interview avec le journal dans un restaurant thaïlandais dans les parages du Capitol. Sans le renouvellement du CBPTA, le volume d’exportation hors taxes vers les États-Unis devra tabler sur HOPE/HELP. Le quota dans le cadre de HOPE/HELP diminuera et le secteur textile en Haïti perdra l’un des avantages qui le rendent compétitif, a expliqué Georges Sassine.

Pour le président de l’ADIH, l’introduction du « H.R 991-Extension of the Carribean Basin economic Act par les législateurs Terri Sewell (démocrate de l’Alabama) et Brad Wenstrup (parlementaire républicain de l’Ohio) avec le support de Alcee Hasting (démocrate de la Floride), David Schweikert (républicain de l’Arizona), John Lewis (démocrate de Georgia) et Karen Bass (démocrate de la Californie) est un pas important ». « Nous engageons ces démarches pour le textile et aussi pour d’autres filières de l’économie, dont des produits artisanaux et agricoles qui entrent aux États-Unis sans payer de droits de douane. Les chances de vote sont grandes dans la mesure où l’on n’est jamais oublié. C’est pour cela que l’on travaille pour le renouvellement du CBTPA en 2019 parce qu’en 2020, année électorale, le Congrès ne vote jamais ces lois sur les échanges commerciaux », a souligné Georges Sassine, prompt à partager son expérience avec des membres de la délégation qui sont plus jeunes comme le président de l’AMCHAM, Laurent Saint-Cyr, Kim Sassine, directrice exécutive de la Chambre de commerce et d’industrie, de Martine Cuvily, vice-président de l’ADIH, de Christelle Vaval, secrétaire au conseil de l’AMCHAM.

Le renouvellement du CBPTA est extrêmement important pour Haïti. Les exportations du secteur textile, 90 % des exportations totales du pays, tournent autour du milliard de dollars américains l’an. Les exportations effectuées dans le cadre du CBTPA, environ 35 % des exportations totales, représentent entre 200 et 400 millions de dollars américains, a expliqué Lionel Delatour, consultant de l’ADIH sur les questions relatives au Parlement américain qui a joué un rôle important dans l’aboutissement de Hope et de Help. « Nous essayons d’avoir le plus de support possible des députés de la commission Voies et Moyens, celui des députés de la Floride, du Black caucus qui sont traditionnellement favorables à Haïti », a poursuivi Lionel Delatour. « L’ADIH a demandé au président de la République, Jovenel Moïse, au Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères de faire du renouvellement du CBPTA une priorité. Nous sommes très satisfait que les autorités haïtiennes au plus haut niveau aient fait du renouvellement du CBTPA l’une de leurs priorités », a salué Lionel Delatour.

L’AMCHAM est là pour promouvoir les échanges commerciaux avec les États-Unis. Les matières premières, dans le cas du secteur textile, viennent des États-Unis, sont transformés sur place avant la réexportation du produit fini. Cela crée des emplois en Haïti. Le CBTPA offre des avantages comparatifs intéressants pour le secteur textile et d’autres filières. Pour nous de l’AMCHAM, c’est important de promouvoir le renouvellement du CBTPA, a confié au journal Laurent St-Cyr, président de l’AMCHAM.

Les produits artisanaux haïtiens bénéficient de l’exonération de droits de douane dans le cadre du CBPTA. Et de 2012 à 2015, Haïti a exporté près de neuf millions de dollars de produits artisanaux. Selon la Direction du commerce extérieur du ministère du Commerce, le pays a, en 2012, exporté 2 448 929 dollars us de produits artisanaux ; 2 249 132 dollars en 2013; alors que les valeurs d’exportation pour l’année 2014 se sont élevées à 3 344 825 dollars. Les exportations ont chuté à 865 412 dollars en 2015. En ce qui concerne la mangue, les exportations sont de loin supérieures à 10 millions de dollars américains par an. Plusieurs milliers d’autres produits fabriqués  ou que l’on pourrait fabriquer en Haïti sont éligibles à l’exportation hors taxes vers les États-Unis. La possibilité d’avoir accès à des marchés niches, avec cet avantage, offre des possibilités d’importation de production, de création d’emplois dans des filières à fort potentiel en valeur ajoutée…

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