Les violons ne s’accordent toujours pas sur l’organisation de l’après Jovenel Moïse

Published On novembre 5, 2019 | By Samanta Bellange | Uncategorized

L’Alternative consensuelle, en dépit du coup de froid jeté sur d’autres entités politiques par l’annonce de la communication prochaines des noms des trois juges de la cour de cassation dont l’un succédera à Jovenel Moïse, continue d’avancer dans l’application de son plan.

« Pour ma part, j’estime que le président provisoire devrait pendre la parole le 18 Novembre à l’occasion de la commémoration de la bataille de Vertières », a confié au journal Me André Michel au journal, lundi 4 novembre 2019.

« Nous avons la conviction que la population acclamera notre choix du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, question de légitimer ce choix », a-t-il tablé, soulignant que « l’Alternative et la branche institutionnelle de l’opposition sont à la fois ouvertes et vigilantes».

« Sur le terrain, la mobilisation doit se poursuivre jusqu’à l’installation du gouvernement de transition. Le combat continue », a poursuivi Me André Michel, qui caresse dans le sens du poil d’autres acteurs politiques et sociaux avant de revendiquer le poids de l’Alternative sur l’échiquier.

« Nous ne nous croyons pas supérieurs aux autres. Nous voulons travailler avec les autres. Il faut aussi reconnaître ce que nous représentons. On ne peut pas être tous au même niveau sur l’échiquier. Évidemment, nous n’avons pas le même engagement que les autres sur le terrain », a insisté Me André Michel de l’Alternative.

« Pendant les douze derniers mois, nous avons enregistré plus de 150 assassinats, plus de 650 blessés et plus de 750 arrestations. Nous ne saurions avoir le même rythme que les autres. Nous pensons qu’il faut humblement donner encore de la chance à une entente avec les autres », a-t-il expliqué.

Le porte-parole de la Passerelle, Lemaitre Zéphyr, mise sur une discussion de la dernière chance et préfère ne pas commenter les initiatives de l’Alternative. La Passerelle, l’Alternative,  Mache Kontre, Forum Patriotique, Fanmi Lavalas, d’autres entités politiques, des organisations syndicales, paysannes et de la société civile, ont, à l’issue « d’une journée de travail », lundi 4 novembre 2019,  convenu de « la tenue d’une dernière rencontre de concertation générale avant la fin de la semaine (…) », a-t-il confié au journal.

« Les acteurs vont prendre l’engagement d’agir dans le cadre d’un accord politique qui sera signé », a poursuivi le porte-parole de la Passerelle, qui s’en tient à ce qui est dit ce lundi et non à l’annonce de l’Alternative de la publication sous peu des noms de trois juges de la cour de cassation dont un devra remplacer le président Jovenel Moïse.

« Comme porte-parole de la Passerelle, je peux vous dire que ce qui est plus important est ce qui est sortie de la rencontre d’aujourd’hui. Nous travaillons sur la méthodologie de la rencontre de concertation finale…Tous le monde est d’accord qu’il y a urgence et que nous ne pouvons pas perdre  de temps », a expliqué M. Zéphyr. « Tout le monde est d’accord qu’un seul secteur, qu’un seul groupe, qu’un seul regroupement politique ne peut pas résoudre ce problème tout seul. C’est dans ce cadre que s’orientent nos efforts. C’est pour cela que nous ne voulons pas donner notre opinion sur une nouvelle qui remonte à ce week-end. Nous préférons nous concentrer sur ce que tout le monde s’entend, y compris l’Alternative, pour résoudre la crise », a-t-il longuement expliqué.

Me André Michel tempère …

« Il n’y a pas encore d’accord. Ce ne sera pas la première réunion. La rencontre de cette semaine n’est pas spéciale puisque nous avons déjà eu plusieurs rencontres avec eux. Il y a une délégation de l’Alternative qui a déjà rencontré les différents groupes. Nous pensons qu’il faut donner le maximum de chance à la possibilité d’une entente avec tous les groupes. Nous n’avons aucun problème à ce niveau. Cependant, nous n’avons pas les mêmes engagements que les autres sur le terrain, notamment dans la mobilisation aux côtés du peuple haïtien », a redit Me André Michel, cette fois au téléphone avec le journal.

Le porte-parole de l’Alternative ne veut pas dire qu’un accord sera signé. « On ne peut pas le dire parce qu’on ne peut pas prétendre savoir ce qui va se passer. On va rencontrer les autres groupes, on a déjà rencontré les autres groupes, on va continuer à rencontrer les autres groupes mais une chose est sure, nous n’avons pas le même rythme que les autres parce que nous n’avons pas le même engagement sur le terrain », a insisté Me André Michel.

L’Alternative fait une fuite en avant…

L’ex-sénatrice Edmonde Supplice Beauzile, responsable de la Fusion, parti membre de « Mache kontre » a confié au journal que l’Alternative est allée «  trop vite en besogne ». Cette annonce est une « fuite en avant », a-t-elle dit. « Il n’y a aucun groupe, quel qu’il soit, qui a la capacité et les compétences pour imposer aux autres ses quatre volontés. Nous pensons que tout le monde doit faire un pas vers l’autre, mache kontre youn ak lot, pour trouver ensemble une solution. Toute solution hégémonique que l’on veut imposer échouera », a estimé Edmonde Supplice Beauzile.

Fanmi Lavalas espère une entente, n’est pas fan de l’option cour de cassation

« Nous prenons actes de la position de l’Alternative. Nous continuons les discussions en espérant trouver une entente. La majorité de la population demande un changement de système qui ne passe pas par la Cour de cassation », a indiqué au journal Joel Vorbe de Fanmi Lavalas.

Grosses inquiétudes…

Interrogées par le journal, des personnes au parfum des tractations politiques ne cachent pas leurs inquiétudes. « La situation dégénère et l’Alternative veut faire cavalier seul. Je ne crois pas que cette stratégie donnera des résultats. Et les confrontations qui finiront pas être publiques confirmera l’incapacité des oppositions à s’entendre sur une transition viable, acceptable par les partenaires internationaux », a indiqué cette source. « Il était clair avant et encore aujourd’hui que la communauté internationale n’appuiera pas le renversement d’un président élu par des opposants dont le principal objectif est la prise du pouvoir », a poursuivi cette source, qui craint un pourrissement de la situation avec des conséquences néfastes sur le pays dans toutes ses composantes.

La crise politique qui s’enlise vient de boucler son deuxième mois de « lòk » total du pays.

 

 

 

 

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