Le PHTK ne soutient pas Fritz William Michel et appelle le président Moïse à chercher une « nouvelle légitimité »

Published On septembre 17, 2019 | By Samanta Bellange | Actualités

« Nous constatons qu’après six mois on ne peut pas avoir un gouvernement. Nous voyons que la chose démarre mal en considérant la façon dont se déroulent les échanges entre le Premier ministre nommé et certains sénateurs. Nous pensons qu’il faudrait mieux qu’il y ait un accord politique, que le gouvernement soit issue de l’accord politique. C’est toujours comme ça que cela est fait et pas l’inverse. Tant que le président persiste à faire l’inverse, à faire un gouvernement pour aller vers un accord politique, il aura toujours des difficultés », a indiqué au journal Sainphor Liné Balthazar, président du PHTK, lundi 16 septembre 2019.

« Rendez-moi fou ou sage. Vous avez un Premier ministre nommé et vous avez un « pays lock ». Or par définition, le gouvernement doit être capable d’inspirer confiance. Ce gouvernement tel qu’il est, avec un pays lock, a-t-il un Premier ministre nommé qui peut être l’interface avec les forces qui bloque le pays? Le président peut vouloir faire ratifier le gouvernement mais nous ne pensons pas que c’est cela qui résoudra le problème », a poursuivi M. Balthazar, soulignant que cette position du PHTK, vielle de 4 à 5 mois, n’est pas une « désolidarisation » avec le président Jovenel Moïse.

«  Nous ne sommes pas désolidarisés du président. Nous sommes simplement restés sur une posture constante depuis 4 à 5 mois avec un même discours indiquant au président qu’à un certain moment, il faut une nouvelle légitimité politique pour aborder certains dossiers politiques comme les élections, comme les amendements ou la révisions de la constitution », a indiqué Sainphor Liné Balthazar.

« Nous avons, a-t-il poursuivi, toujours dit au président que c’est une constante, qu’il n’y a pas un exécutif, depuis 30 ans, qui ne s’est pas souscrit à l’exercice d’un accord politique. Depuis Aristide en 1994 jusqu’à Martelly en 2014. Aristide est revenu en Haïti sur la base de l’accord de Governors Island, Préval avait fait un accord avec l’Espace de concertation, le président Aristide entre 2001 et 2004 n’a pas eu le temps de faire un accord politique parce que le moment pour le faire était passé. Le président Boniface a eu un accord politique signé avec Lavalas qui a donné les élections de 2005, 2006. Préval a signé un accord politique avec ses adversaires pour organiser les élections de 2008 et celles de 2010. Martelly a signé quatre accords politiques. C’est au terme du quatrième qu’il a pu organiser les élections de 2015. Nous disons au président Moïse que l’accord politique est une obligation. Nous ne nous désolidarisons pas. Nous répétons simplement à l’oreille du président une chose qui fait partie de nos mœurs et traditions politiques », a longuement expliqué Sainphor Liné Balthazar.

Pour le président du PHTK, il faut « un accord politique pour résoudre les problèmes de fond qu’il y a dans le pays, pour avoir la stabilité politique nécessaire, la sérénité dans les cœurs et les esprits » a indiqué Sainphor Liné Balthazar.  « Pour résoudre même le problème d’augmentation ou de réduction du prix du gaz, il faut un minimum d’accord avec les forces sociales », a-t-il cité en exemple avant d’aborder la nécessité d’un accord politique sur la tenue des élections. « Je dis un accord politique sur les élections parce que l’élection est une question globale et transversale. Vous pouvez entrer dans les élections et être obligés de changer deux ou trois articles de la Constitution. Personne ne veut aller aux élections dans les mêmes conditions, des élections chaque deux ans, des élections qui coutent 50 millions de dollars avec la police qui n’a pas la capacité pour gérer un processus électoral. Autant d’inconnus sur lesquels le président doit avoir le consensus politique pour savoir comment faire. Nous ne ferons pas d’élections en octobre, le président ne peut pas dire qu’il constate la caducité du Parlement qu’il va diriger par décret. Cela ne peut pas se faire comme ça », a longuement détaillé le président du PHTK qui a signé un communiqué dans lequel il a appelé au dialogue politique, constaté l’absence de gouvernement depuis plusieurs mois et a dénoncé les négociations pour constituer une majorité politique en dehors de l’appareil des partis politiques.

« Le PHTK, attentif au vécu et au ressenti des citoyens, de ses militants et de ses sympathisants est interpellé par le constat d’une double incapacité à savoir : l’incapacité à mettre en place, après six mois, un gouvernement légitime, à même de respecter nos engagements internationaux et de combler les attentes de la population sur les plans politiques, économique et social ; l’incapacité à respecter les échéances constitutionnelles liées au déclenchement de la procédure de révision de la charte fondamentale, au renouvellement dans les délais du personnel politique à travers des élections crédibles et à l’investiture de la 51 ème législature le 2 ème lundi de janvier 2020 », lit-on dans ce communiqué du PHTK qui exhorte « l’ensemble des acteurs politiques à créer les conditions, pour que par le dialogue, le consensus et la concertation, les filles et fils d’Haïti s’accordent  pour conjurer durablement les maux endémiques et chroniques qui rongent notre société ».

Par ailleurs, le journal appris ce lundi de sources bien informées que le président Moïse, sur l’insistance d’alliés à la Chambre des députés, consulte sur l’installation ou non du Premier ministre Fritz William Michel sans attendre la fin de la procédure de ratification de sa politique générale au Parlement. « Après le brigandage des sénateurs de l’opposition la semaine dernière, moi, à la place du président Moïse, j’aurais installé le Premier ministre Fritz William Michel », avait confié en fin de semaine dernière un député allié du président Jovenel Moïse à qui certains ont souligné l’inconstitutionnalité d’une telle tentation. La situation est complexe. Tant que c’est la logique de confrontation qui prévaut, le pays va au devant de toutes les aventures, s’inquiète une source interrogée par le journal, soulignant qu’il y a déjà, sans accord politique, sans gouvernement ratifié, les conséquences de l’absence du Parlement. Sans gouvernement légitime, le président Moïse ne peut pas convoquer la chambre des députés à l’extraordinaire. Sans gouvernement, il ne peut pas gouverner, avoir un nouveau budget, respecter des engagements internationaux, a poursuivi cette source, estimant que le pays vit un aperçu de ce que sera la gouvernance au deuxième lundi de janvier 2020 sans un accord politique.»

source:Le Nouvelliste

 

 

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