Jovenel Moïse a tous les pouvoirs et tous les problèmes

Published On août 28, 2019 | By Samanta Bellange | Actualités

Le président Jovenel Moïse a toutes les manettes en main. Que va-t-il en faire ? C’est la question que chaque observateur doit se poser, après les événements des derniers jours.

Le président dispose de son chef de la Police nationale d’Haïti. Celui qu’il a lui-même nommé. Cela faisait des mois que plus rien n’allait entre le chef de l’Etat et le directeur général sortant de la PNH.


Le président a son conseil d’administration de la Banque de la République d’Haïti. Il a remodelé le conseil qui était en poste et choisi lui-même tous les membres de l’actuel conseil.

Le président a son Premier ministre et son gouvernement. Il en a même deux de chaque. Un qui dirige un gouvernement démissionnaire. Un qui dirige un gouvernement nommé. L’opposition lui a laissé les mains libres dans le choix de ses ministres.

Le président a sa majorité au Parlement. À la Chambre des députés, il vient de remporter une grande victoire avec l’échec de la tentative de le mettre en accusation. Au Sénat de la république, jusqu’à preuve du contraire, une majorité lui est disponible.

Le président a son armée. Un état-major et des troupes issus de sa volonté unique de remobiliser les Forces Armées d’Haïti. L’armée est là et ne doit son existence qu’à la détermination du président.

Le président a ses appuis diplomatiques. Les seuls appuis qui comptent, ceux des États-Unis d’Amérique et de Taïwan, lui sont acquis. La lenteur de l’Onu qui s’apprête à changer de type de mission en Haïti et la passivité des autres ambassades étant des bonus.

Le président a son secteur privé, sa société civile, ses médias, ses partisans. Ils ne s’affichent pas. Ne parlent pas. Ne communiquent pas par communiqués et prises de position. Ils se contentent d’appuyer le président sans faire de bruit.

Le président a son administration publique. Celle qui se contente d’être là. Ces fonctionnaires et contractuels par milliers qui savent qu’ils sont payés à ne pas faire grand-chose et que ce n’est pas grave si salaires et projets sont en retard.

Le président, sur le papier, est un président comblé de pouvoirs comme jamais président ne le fut depuis Jean-Claude Duvalier pendant ses quatorze ans de règne et Jean-Bertrand Aristide pendant quelques semaines de sa première présidence.

Le président a aussi un lot de problèmes qui attendent d’être résolus.

L’insécurité, l’inflation (plus de 19% au plus haut depuis des années), la mauvaise gouvernance endémique, le chômage, l’insécurité alimentaire, la crise sociale, la rentrée des classes, le déficit infrastructurel, la bombe pétrolière, le dossier PetroCaribe et la corruption en général, les faiblesses de la justice, la stagnation de l’aide internationale, labsence de perspectives d’avenir, elatriye…

Le président a toutes les manettes mais le pays a de moins en moins de réponses à ses problèmes. Depuis des mois, le président Jovenel Moïse avance, recule, négocie, avance. Pour le meilleur ou pour le pire. On le saura un jour.

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