Caducité du Parlement : les Etats-Unis poussent encore et toujours en faveur d’un accord politique…

Published On janvier 16, 2020 | By Samanta Bellange | Actualités

Les Etats-Unis d’Amérique continuent de pousser en faveur d’un accord politique. Sans cet accord à trouver au plus vite et sans une amélioration de la sécurité, les Haïtiens ne pourront pas bénéficier pleinement des programmes de l’USAID, estime ce puissant allié de Jovenel Moïse quelques jours après que le président haïtien eut constaté la caducité du Parlement faute d’élections tenues à temps pour renouveler les élus à la Chambre des députés et au Sénat.

« Tant qu’un accord politique n’aura pas été trouvé et tant que la situation ne se sera pas améliorée, les Haïtiens ne pourront bénéficier pleinement des programmes de @USAID. Les acteurs politiques haïtiens détiennent la clé de l’avenir d’Haïti. Ils doivent agir maintenant », a tweeté l’ambassade des Etats-Unis, mercredi 15 janvier 2020. Ce message repris aussi en créole est la traduction d’un tweet initial de John Barsa, administrateur adjoint de l’USAID.

Les Américains, avant ce tweet, par l’entremise de l’ambassadeur Sison et de l’administrateur adjoint de la USAID, avaient rencontré le président Moïse le 12 janvier pour discuter des priorités en termes de croissance économique, de l’importance de la sécurité publique et de la stabilité politique en vue de supporter des partenariats clés dans les domaines de l’éducation et de la santé, pouvait-on lire dans un précédent tweet de l’ambassade des Etats-Unis, à 7 heures 35 du soir, lundi 13 janvier 2020.

Certains partisans du président Moïse avaient interprété le message comme un blanc seing au régime sans Parlement qui se met en place en Haïti en 2020. La lecture de la situation est plus complexe.

« Les Etats-Unis ont toujours œuvré en faveur d’un accord politique entre le président Moïse et ses vrais opposants. Ils ont toujours été sur cette position », a confié une source interrogée par le journal qui a requis l’anonymat.

Le soutien des Etats-Unis n’est pas un brevet ni un chèque en blanc au président Moïse qui n’est pas aussi libre qu’il ne le comprend après avoir constaté le dysfonctionnement du Parlement, a-t-elle poursuivi.

L’ex-Premier ministre Evans Paul, interrogé par le journal, a fait état des exigences de la communauté internationale et des Américains en particulier en faveur d’un accord politique. « C’est une exigence de la communauté internationale, particulièrement des Etats-Unis, pour qu’il y ait un accord politique pour mettre en place une structure pour accompagner le président pendant l’absence du Parlement », a confié Evans Paul.

« La communauté internationale ne s’est pas alignée sur la position extrême pour demander le départ du président Jovenel Moïse. Mais elle pense que le président a une certaine responsabilité dans le vide institutionnel et qu’il doit faire des efforts pour trouver un accord avec ses opposants »,  a poursuivi l’ex-Premier ministre de Michel Martelly, mentor politique de Jovenel Moïse.

Interrogé sur la mise en place d’une « structure » pour montrer que le président Jovenel Moïse n’est pas seul, Evans Paul a indiqué que la mise en place d’un gouvernement est une chose. « Dans le temps il y avait le Conseil des sages… Je pense que la communauté internationale cherche une formule qui pourrait compenser l’absence du Parlement. La communauté internationale n’a pas dit exactement comment cela doit se faire. Ce que je viens de dire est mon commentaire », a-t-il expliqué au journal.

Pour Evans Paul, il n’est pas souhaitable que le président soit seul. « Je ne souhaite pas que le président Moïse soit seul. Les conséquences seraient graves pour le pays. Il y a des problèmes qui doivent être adressés. Si le dossier de la Constitution est mal abordé, ce sera un élément de crise. Si l’on fait une mauvaise élection, cela aura des conséquences», craint Evans Paul qui a invité les protagonistes à mettre de côté leur orgueil pour trouver un accord politique.

Si le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, oint par les Américains, en campagne pour réélection, a évité les sujets qui fâchent, la semaine dernière, le conseil de sécurité des Nations Unies dans lequel siègent les Américains avait exprimé ses préoccupations par rapport à la crise et appelé à une solution consensuelle, à travers le dialogue.  « Les membres du Conseil de sécurité ont fait part de l’inquiétude que leur inspirait l’impasse politique dans laquelle se trouve actuellement Haïti.  Ils ont réaffirmé la nécessité immédiate pour les acteurs haïtiens d’engager un dialogue inclusif et ouvert et former un gouvernement qui réponde aux besoins du peuple haïtien sans plus attendre ». Les membres du Conseil, dans un communiqué, avaient rappelé que le gouvernement haïtien devait remédier aux causes sous-jacentes de l’instabilité et de la pauvreté qui règnent dans le pays. Ils ont exhorté toutes les parties prenantes à s’abstenir de toute violence et à résoudre leurs différends par des moyens pacifiques.  Ils ont souligné qu’il fallait veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes et à rendre justice aux victimes des récentes flambées de violence, en particulier celles survenues les 13 et 14 novembre 2018 à La Saline et du 4 au 7 novembre 2019 à Bel-Air.

 

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