Avec un prêt de 229 millions de dollars, le FMI vole au secours d’Haïti

Published On mars 8, 2019 | By Samanta Bellange | Uncategorized

 

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi soir qu’il accordera à Haïti un prêt concessionnel de 229 millions de dollars sur trois ans à 0 % d’intérêt. Ce montant aidera le pays à revitaliser son économie à un moment critique, apprend-on dans un communiqué rendu public au terme d’une mission du fonds, sur requête du gouvernement Haïti entre le 28 février et le 8 mars 2019.

« Je suis content d’annoncer qu’en support au gouvernement haïtien et au peuple haïtien, nous du FMI, du gouvernement Haïtien et de la BRH sommes parvenus à un accord pour octroyer un prêt concessionnel de 229 millions de dollars sur trois ans à 0 % d’intérêt à Haïti. Cet accord sera approuvé par le conseil de direction du FMI dans les semaines à venir », a déclaré dans ce communiqué du FMI Chris Walker, le chef de cette mission venue au pays discuter avec le gouvernement de mesures visant à réduire la pauvreté, encourager la bonne gouvernance, augmenter la croissance du PIB, réduire la pauvreté et stabiliser l’économie du pays.

« Cet accord vise à aider Haïti à faire face à sa situation d’Etat fragile et à soulager les plus vulnérables. Nous avons fermement placé la protection sociale au cœur de cet accord et une fois les mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord implémentées, les plus pauvres seront parmi les premiers bénéficiaires de manière tangible », a indiqué Chris Walker.

Ce programme fournira de l’argent pour financer une série de mesures allant de cantines scolaires à des programmes de logements sociaux. La priorité a été donnée à la lutte contre la corruption et le renforcement de la gouvernance, selon ce communiqué. Le FMI, a poursuivi ce communiqué, supporte la volonté du gouvernement de réformer l’Etat.

Dans cet accord, des objectifs ont été dessinés, définis en vue de renforcer la lutte contre la corruption, pour plus de transparence dans la gestion des finances publiques, des administrations fiscales et des dépenses publiques. Pour permettre à Haïti de revenir à une stabilité macroéconomique, ce prêt représente 100 % d’un quota et l’argent sera déboursé sur trois ans. Le programme sera sujet à des révisions régulières du conseil de direction du FMI, a expliqué le communiqué du FMI.

Ce prêt offert à Haïti dans le cadre du programme de facilité de crédit du FMI (ECF), avec un taux concessionnel, vise à stabiliser l’économie d’Haïti en réduisant la courbe du déficit budgétaire, une gestion de la dette tout en protégeant les plus pauvres dans le pays, lit-on dans la note du FMI, qui souligne avoir constaté que la croissance du PIB ces quatre dernières années était de 1, 5 % et que le pays a fait face à de sévères contraintes financières, des réformes fiscales limitées alors que les turbulences politiques ont découragé les investissements privés.

« A travers ce programme, nous espérons que les contraintes financières s’allègeront pour permettre une croissance plus rapide. Nous au FMI sommes disposés à accompagner Haïti dans la revitalisation de son économie. Nous encourageons aussi les agences multilatérales, les pays à supporter Haïti. Nous avons discuté avec des agences partenaires et elles sont prêtes à supporter le pays. Ce sera très utile que des partenaires bilatéraux d’Haïti face un pas en avant pour aider à ce moment critique », a plaidé le FMI qui, en février 2018, avait signé un Staff monitored programm avec des objectifs de réduction du déficit public et la mise en place de réformes fiscales, de réformes dans le secteur de l’énergie et de la subvention des produits pétroliers. Le gouvernement de Jack Guy Lafontant, le 6 juillet 2018, avait effectué une hausse importante des prix de l’essence. Cela avait mis le feu aux poudres d’une mobilisation populaire fracassante. Le FMI avait, dans un communiqué, souligné que ces mesures devaient s’appliquer « graduellement ».

Cet accord du FMI avec l’Etat d’Haïti est un bol d’air qui arrive à un moment de grandes difficultés économiques et de dèche pour les finances publiques. L’Etat doit plus de cinq milliards de gourdes aux compagnies pétrolières, accuse des retards dans le paiement de la facture pétrolière à des fournisseurs et a décidé, pour tenter de réduire les prix des produits de première nécessité, d’abandonner des taxes, la TCA sur l’importation de 60 000 tonnes métriques de riz.

Cet appui du FMI, important, n’est pas un blanc seing. Il y a des efforts à faire, des exigences de reformes et l’application de bonnes pratiques de gestion des finances publiques en Haïti où l’on a laissé filer le déficit, considéré par certains comme le premier bailleur de fonds de l’Etat.

 

source Le Nouvelliste

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